12 février 2026
Il y a des chefs qui parlent du terroir. Il y a Christophe Comes qui le cultive. À Perpignan, La Galinette existe depuis plus de vingt ans, et c’est sans doute la table catalane qui exprime le plus directement la philosophie d’une cuisine ancrée dans le territoire — pas seulement par les sourcings, mais par un potager intégré que le chef cultive personnellement avec son équipe. Une étoile Michelin, un Bib Gourmand antérieur, une réputation de bistronomique sérieux : portrait d’une adresse incontournable de la Côte Vermeille gastronomique.
Christophe Comes, l’autodidacte du potager
Né à Perpignan, Christophe Comes a fait ses classes dans plusieurs grandes maisons avant de revenir au pays catalan ouvrir sa table. Son parti pris, formulé dès l’origine, surprenait à l’époque : acheter ses légumes serait une démission. Il achète donc une parcelle, plante, récolte, et cuisine ce qui sort de terre. L’Étoile Michelin est venue comme le résultat naturel de cette cohérence.
Le potager actuel de La Galinette s’étend à quelques minutes du restaurant, sur un terrain en bord de Têt. Tomates anciennes (cœur de bœuf, noire de Crimée, green zebra), aubergines violettes, courgettes rondes, herbes méditerranéennes (origan, sariette, hysope), fleurs comestibles, et des cultures expérimentales que le chef teste chaque saison. 40 % des légumes servis au restaurant viennent de ce potager ; le reste provient d’un cercle court de maraîchers de la Plana del Rosselló.
La grammaire de la maison
La carte de La Galinette change toutes les trois à quatre semaines, au rythme du potager et des arrivages des pêcheurs de Port-Vendres. Le chef compose autour de quelques principes fixes :
- Le légume au centre plus que la viande, même dans les plats classiques (par exemple un agneau accompagné par une vraie ratatouille de jardin plutôt que par une purée)
- Les fleurs comme assaisonnement : capucines, soucis, bourrache servent autant pour la couleur que pour leur amertume légère
- Les huiles maison : huile d’olive du Conflent infusée au basilic, à la sariette, au piment doux, en bouteilles à disposition sur table
- Le pain de Saint-Jean : levain naturel et farine ancienne, fait par un boulanger artisanal du Vallespir
Quelques pièces récurrentes que les habitués cherchent :
- L’oignon de Trébons fondant, jus de viande, copeaux de Bellota (en automne)
- L’aubergine grillée, tartare de gambas de Roses, crémeux de poivron rouge (en été)
- La galinette du jour, pommes safranées, jus court à la rouille catalane (selon arrivage — la galinette, qui donne son nom au restaurant, est le surnom local du rouget grondin)
Pour qui voudrait approfondir la cuisine de poisson catalane, notre exploration de la rouille catalane prolonge cette grammaire vers ses sources populaires.
Trois formules selon votre rythme
Le menu déjeuner du terroir
65 € en quatre services, du mardi au vendredi midi. C’est la voie d’entrée la plus économique pour découvrir la cuisine. Composition variable selon l’arrivage. Vins au verre à partir de 8 €.
Le menu signature en six services
115 € hors boissons, autour de 175 € avec les accords mets-vins. Disponible déjeuner et dîner. C’est l’expression la plus complète de la cuisine du chef.
Le menu dégustation en huit services
145 € hors boissons, 230 € avec accord vins. Réservé aux dîners, sur réservation préalable. Inclut souvent des plats d’expérimentation que le chef teste avant de les inscrire à la carte.
Pour les voyageurs qui assemblent plusieurs étoilées sur un séjour, La Galinette s’inscrit en complément du Clos des Lys dans la triade gastronomique perpignanaise — notre récit du Clos des Lys propose une lecture comparée pertinente.
La salle, le service, l’ambiance
La salle est petite — 35 couverts maximum — installée dans une ancienne maison du centre de Perpignan, près du Castillet. Sols en tomettes, murs blanchis, mobilier simple. Pas d’apparat, pas de nappage amidonné, mais une netteté de service qui rappelle qu’on est dans une maison étoilée. Le sommelier (Mickael Comes, fils du chef) tient une cave de 400 références dont près de la moitié vient du Roussillon.
L’ambiance reste détendue : on ne chuchote pas à La Galinette, on parle, on rit. Le chef passe en salle entre les services, échange volontiers avec les clients curieux du potager. C’est l’une des étoilées les plus accessibles du Sud français, dans le ton autant que dans le prix.
La logistique depuis Canet
La Galinette se trouve rue Saint-Jean à Perpignan, à 11 kilomètres et 20 minutes de Canet-en-Roussillon par la D617. Stationnement difficile — utilisez le parking Arago ou Pompidou et marchez 5-7 minutes. Pour les soirées, beaucoup d’hôtes de la suite DIVINA réservent un VTC qui assure aller-retour : compter 35 € la course unidirectionnelle.
Une journée idéale autour de La Galinette :
- Matinée : marché de Perpignan (place de la République, mardi-samedi)
- Déjeuner : menu du terroir à La Galinette
- Après-midi : visite du Castillet et du Palais des Rois de Majorque
- Fin d’après-midi : retour à Canet, balade sur le port, étape pétanque-tapas
- Soirée : bain dans le jacuzzi privatif de la suite, dîner léger
Ce qui distingue La Galinette des autres étoilées
Trois éléments mis bout à bout définissent la singularité :
- L’autoproduction : aucun autre étoilé du département ne tient son potager personnel
- L’accessibilité tarifaire : un menu à 65 € le midi place La Galinette parmi les plus abordables des étoilés français
- L’identité catalane assumée : la rouille, le piment doux, l’oignon de Trébons, le poisson de Port-Vendres — la carte est une carte d’identité du Roussillon
Pour qui veut comprendre la scène gastronomique du Pays Catalan dans sa diversité, La Galinette compose, avec Le Clos des Lys et les sept tables à 30 minutes de Canet, un parcours complet.
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FAQ — Réservation et expérience à La Galinette
Combien de temps à l’avance faut-il réserver ? Deux à trois semaines pour le déjeuner, quatre semaines pour le dîner du week-end. La maison étant petite (35 couverts), les créneaux disponibles partent vite, surtout en période de festivals à Perpignan.
Le menu déjeuner à 65 € est-il vraiment représentatif de la cuisine du chef ? Oui. Christophe Comes y propose une version condensée du même menu signature, sur quatre services au lieu de six. C’est la meilleure porte d’entrée à budget maîtrisé.
Le potager se visite-t-il ? Sur demande exceptionnelle et pour les groupes ou habitués, oui. La maison ne propose pas de visite régulière, le potager étant un outil de travail.
Quel est le code vestimentaire ? Smart casual décontracté. Pas de cravate ni de tenue strictement habillée nécessaire. La maison s’adresse à une clientèle de gourmets plus que de protocole.
À quelle distance se trouve La Galinette de Canet-en-Roussillon ? 11 kilomètres, 20 minutes par la D617. Stationnement plus simple en parking de centre-ville (Arago, Pompidou) qu’en rue.
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